I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La pandémie de la COVID-19 a entrainé durant l’année écoulée 2020, à la fois, un ralentissement des activités économiques à l’échelle mondiale et une récession très dommageable dans beaucoup d’économies des pays de l’OCDE et en Afrique. Toutefois, cette crise a permis de prendre conscience de l’impérieuse nécessité de compter sur ses propres forces.
Au Sénégal, la pandémie de la COVID-19 n’a épargné presque aucun secteur d’activité économique formelle ou informelle, à l’exception des sous-secteurs de télécom, de fabrication des masques, des produits hydro-alcooliques et d’autres produits pharmaceutiques. Elle a surtout été révélatrice de l’ingéniosité des sénégalais dans beaucoup de secteurs d’activités et a stimulé leur créativité et savoir-faire insoupçonnés, laissant présager l’existence d’un potentiel qui n’attend qu’à être exploité. C’est le cas du riz sénégalais, de l’oignon, de la pomme de terre, des jus locaux, des céréales transformées, de l’habillement, du tourisme local, des produits culturels (musiques-chorégraphies, gastronomie, théâtres, téléfilms locaux), des produits artisanaux (cuir, meubles, décoration, habillement etc.), des TICs (e-commerce, ingénierie de services informatiques etc.).
Cependant, les mesures prises par le Gouvernement dans le cadre du Programme de Résilience Economique et Sociale (PRES) pour soutenir les ménages et les entreprises, ont permis d’atténuer les effets induits négatifs sur les acteurs. Dans le prolongement de ces mesures précitées, le Chef de l’Etat a adopté en Conseil présidentiel, le 29 septembre 2020, le PAP-2A, qui vient amplifier l’effort de l’Etat dans le renforcement de la résilience et de la relance de l’économie.
En 2020, d’après l’évaluation de la situation des comptes économiques nationaux par l’ANSD, la croissance économique a connu un ralentissement de l’ordre de -0,7%. Toutefois, vu les résultats significatifs obtenus durant la campagne agricole 2020-2021 et les efforts importants de l’Etat en termes de financement de l’investissement public, une reprise économique est attendue en 2021 ; elle est estimée à 5% en 2021 et à 5,5% pour 2022. Pour accélérer cette croissance, le PAP-2A mise principalement, d’une part, sur le développement des investissements privés, via les PPP, dans le cadre des réformes engagés par l’Etat et d’autre part, sur la consommation locale, qui est un facteur de croissance au même titre que l’investissement.
En outre, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky SALL, tirant les enseignements de cette crise sanitaire planétaire, dont l’intensité de l’onde de choc a surpris plus d’un, a souligné l’urgence de faire du « Consommer sénégalais », non pas un effet de mode ou de conjoncture, mais l’affirmation d’une véritable culture de souveraineté économique.
Dans la même veine, le Président de la République a demandé au Gouvernement d’entreprendre des actions multiformes et pérennes pour davantage faire triompher un état d’esprit nouveau, centré sur la culture « du produire et du consommer sénégalais ». En d’autres termes, il s’agit de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons, en dehors de toute contrainte.
Enfin, lors du Conseil des Ministres du 19 août 2020, le Chef de l’Etat est revenu largement sur sa Vision de sortie de crise post-COVID-19 pour demander aux ministres concernés, d’oeuvrer à l’ancrage de la politique du « Produire et du consommer local » qui est désormais la voie tracée par la plus Haute Autorité, pour assurer un développement économique endogène inclusif, porteur d’une croissance auto-entretenue forte, durable et gage d’une véritable émergence.
Cette nouvelle approche va bouleverser tout l’écosystème économique national, en impulsant une dynamique endogène de développement inclusif, avec, entre autres, des impacts immédiats très positifs sur :

  • le développement des filières (production et transformation), ainsi que tous les segments d’activités dans les chaînes de valeurs locales exploitant les ressources des terroirs ;
  • la réduction des coûts logistiques, la maîtrise des chaines d’approvisionnement, en plus du bénéfice du « just in time » ;
  • le développement de l’entreprenariat privé local et la création d’emplois, en particulier au profit des jeunes et femmes ;
  • la densification du tissu économique des PME/PMI formelles ;
  • l’augmentation de la contribution réelle de la consommation intérieure au produit intérieur brut (PIB) ;
  • la réduction du déficit de la balance commerciale et des sorties de devises ;
  • l’accroissement des revenus des masses laborieuses (jeunes et femmes qui investissent dans l’entreprenariat local) ;
  • la baisse de la prévalence de la pauvreté, de l’extrême pauvreté et de la pauvreté chronique dans certaines zones, en particulier en milieu rural ;
  • la réduction des inégalités sociales et territoriales ;
  • la réduction de l’exode rural et la migration internationale des jeunes sénégalais ;
  • l’accroissement du dynamisme économique au niveau rural et la concurrence entre les territoires ;
    Last but not least, le développement de l’économie locale par cette nouvelle approche va amplifier l’effort de l’Etat en matière de politique sociale et donner des signaux forts et clairs aux potentiels investisseurs et entrepreneurs qui voudront se lancer dans la création d’activités futures.
    Afin de réussir ce pari et ainsi amplifier cet élan et ces espoirs suscités, il est nécessaire d’avoir, en plus, une Stratégie nationale inclusive de promotion des produits locaux et du Consommer local.
    Le « Mois du consommer local » que le Ministère du Commerce et des PME compte organiser, doit être compris comme une activité dans la stratégie nationale précitée, mais surtout comme une réponse à la directive du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky SALL, pour faire ancrer définitivement dans les stratégies et politiques publiques de l’Etat « la politique du Produire et du Consommer local ».
    Pour réussir le pari de l’organisation de cette activité, le Ministère du Commerce et des PME a mis en place un Comité national d’organisation, composé des ministères et des services de l’Etat impliqués, du secteur privé, de la société civile et des personnes ressources pour s’accorder sur le programme d’activités, la répartition des tâches et les objectifs à se fixer. A cet égard, plusieurs réunions du comité national d’organisation et des CRD ont été tenus dans le cadre des activités de préparation et de sensibilisation afin d’assurer une forte mobilisation des acteurs à la base.

II – OBJECTIFS

1. OBJECTIF GÉNÉRAL

L’objectif global est de promouvoir les produits et services locaux et de créer un déclic pour contribuer à l’ancrage et au développement de la « mentalité du Consommer sénégalais ».

2. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

  • Réaliser une campagne nationale d’information et de promotion de la consommation des produits locaux, durant le « Mois du consommer local » ;
  • Communiquer pour installer une nouvelle mentalité centrée sur le consommer sénégalais ;
  • Construire une image de marque et une forte identité visuelle des produits et services locaux ;
  • Modifier les attitudes et perceptions défavorables sur les produits et services locaux ;
  • Créer de puissants labels de « Consommer sénégalais » et répertorier dans un catalogue les produits et services locaux des différents terroirs et dans un autre catalogue, tout ce que le pays regorge comme arts culinaires ;

III- PARTIES PRENANTES

Cette activité implique les cibles élargies suivantes :

  • Ministères, services de l’Etat impliqués et les collectivités territoriales ;
  • Chambres de Commerce et chambres des Métiers ;
  • Entreprises des secteurs formels et informels, organisations patronales et associations ou fédérations des PME ;
  • Groupements et fédérations de producteurs, de transformateurs, de commerçants, de distributeurs divers de biens et de services locaux, y compris ceux d’origine communautaire de l’espace UEMOA ;
  • Consommateurs domestiques et ceux de la diaspora ;
  • Partenaires techniques et financiers ;
  • Société civile (Associations consuméristes, Forum civil) ;
  • Distributeurs (Grandes surfaces, Grossistes détaillants, etc.) ;
  • Leaders d’opinions (religieux, hommes politiques, chanteurs, footballeurs, lutteurs, universitaires et écoles supérieures) ;
  • Ambassades et représentations diplomatiques du Sénégal à l’étranger ;
  • ONG et médias.

V- RÉSULTATS ATTENDUS

Une campagne nationale d’information et de promotion de la consommation des produits locaux, durant le « Mois du consommer local » est réalisée ;

  • Une nouvelle mentalité centrée sur le consommer sénégalais est installée ;
  • Une image de marque et une forte identité visuelle des produits et services locaux est construite ;
  • Les attitudes et perceptions défavorables sur les produits et services locaux sont corrigées ;
  • De puissants labels de « Consommer sénégalais » sont créés ;
  • Un catalogue sur les produits et services locaux des différents terroirs est réalisé ;
  • Un catalogue sur tout ce que le pays regorge comme arts culinaires est réalisé.